Pourquoi faut-il courir aller voir les Brooklyn Brothers?



Je vous l’avoue tout de suite, je suis quelques fois un cliché. J’aime les films indépendants où les personnages tous les plus névrosés les uns que les autres se déchirent lentement devant nos yeux. 

Rien que l’affiche du film The Brooklyn Brothers rentre parfaitement dans la catégorie « Je suis une film indépendant venez m’aimer ».

Et pourtant les amis (en toute objectivité)(vous me connaissez maintenant), c’est vraiment un très bon film.

Le résumé est plutôt simple : Alex est un musicien dont la particularité est d'avoir une vie de merde. Sa musique ne marche pas, il s’est fait viré de trois groupes en un an, sa meuf le quitte, il travaille dans un agence immobilière toute nulle et se fait harceler moralement par ses collègues. Pour couronner le tout il frappe un enfant handicapé alors qu’il jouait dans son école. Il rencontre alors Jim musicien flippant qui fait de la musique uniquement avec des jouets d’enfants, ce dernier lui propose de monter un groupe et de partir dans un road trip à travers les Etats Unis.



Pourquoi ai-je aimé? Déjà parce que le personnage principal est un dépressif tendance loque zombie, il passe la plupart de son film à pleurer et à avoir une vie de merde. Et pourtant là où d’autres arriveraient sans trop de difficultés à rendre le personnage absolument insupportable Ryan O’Nan (acteur et réalisateur) réalise l’exploit de le rendre attachant, touchant, et le spectateur loin de rejeter le personnage s’y attache et s’identifie même totalement à lui.

La seconde raison est sans aucun doute la musique un peu folk barré puisque l’acolyte de Ryan utilise des jouets pour enfant, ce qui donne un son particulier et finalement les chansons deviennent vraiment addictives (j'écoute la BO en boucle depuis hier soir) (mais cela doit être mon côté obsessionnel).

Mais ce que j’ai le plus aimé c’est l'anti-discours américain développé. Là où d’autres développeraient la fameuse phrase américaine « Quand on veut, on peut» les personnages sont totalement lucides, ils ne sont pas là pour avoir du succès, ils sont ici pour jouer. C’est tout,  ce qui nous amène à LA phrase culte du héros devant des américains typiquement WASP: jouer devant 6 ou voir même 7 personnes et ce qu’il préfère dans la vie. Le film ne parle pas de leur succès fulgurant non mais d’une rencontre entre deux être tout aussi paumés qui vont apprendre à jouer ensemble et faire de la musique ensemble.

Ce que j’ai donc le plus aimé dans ce film c'est l'absence de cette morale de la win donnant au film un prétendue portée philosophique typiquement américaine mais plutôt l'évacuation cette pensée. Le film n'est rien d'autre qu'une bonne comédie, attachante, un road trip cheap avec des personnages tout aussi paumés les uns que les autres.

Il faut donc aller voir ce film, une pépite, un divertissement qui s’assume, il ne joue (à Paris du moins) que dans deux cinémas, dont le Studio Galande et étant donné que nous étions deux dans la salle, je doute qu’il va le rester bien longtemps et c’est vraiment dommage. 

Je me propose encore une fois d'être une accompagnatrice, oui je sais je l'ai déjà fait pour la Comédie Française mais 1) c'est moins cher 2) avoir des places au Studio Galande relève moins du parcours du combattant.

P.S: pour ceux que cela intéresserait je n'ai pas trouvé les leggings mais j'ai le plaisir de vous annoncer qu'en revanche je suis l'heureuse détentrice d'une micro jupe à sequins noirs (je suis une fille très classe) (si vous voulez faire des street style avec moi vous allez voir on va bien rigoler).